Evaluation des compétences narratives en production écrite

Responsables du projet
MILLOGO Victor Emmanuel, MCF Psychologie – Université de Poitiers (ESPÉ), Centre de Recherches sur la Cognition et l’Apprentissage – CERCA UMR 7295
cerca.labo.univ-poitiers.fr/non-classe/victor-millogo/

ESCORCIA Dyanne, MCF Sciences l’Education – Université de Poitiers (ESPÉ), Centre de Recherches sur la Cognition et l’Apprentissage – CERCA UMR 7295
cerca.labo.univ-poitiers.fr/non-classe/dyanne-escorcia/

Sens du projet
:
La production écrite occupe une position centrale dans les apprentissages scolaires. En effet, l’acquisition et la maîtrise de ses différentes dimensions sont la résultante d’un long processus d’apprentissage formalisé (cf. Chartrel et Vinter, 2004) qui débute dès les premières années de l’école primaire et même avant (Lurcat, 1974 ; Frith, 1985 ; 1988 ; Ferreiro, 1988) et se poursuit tout au long de la scolarité. Si le début de cet apprentissage est connu et fait l’unanimité entre les chercheurs, les étapes intermédiaires sont plutôt sujettes à polémiques. Il semble donc nécessaire d’interroger ces processus, d’autant plus que les habiletés rédactionnelles sont loin d’être satisfaisantes même à la fin de la scolarité obligatoire et il suffit d’entendre les nombreuses plaintes dans le monde de l’enseignement pour s’en rendre compte. Comprendre la façon dont les élèves acquièrent la production écrite et atteignent un niveau de maîtrise rédactionnelle suffisant, est alors vital pour développer des techniques et méthodes de formation visant à améliorer ces compétences.

Un bon moyen de comprendre ces processus est d’étudier les compétences des élèves impliquées dans la production de textes narratifs. Les conduites narratives, en tant que moyen essentiel de communication, sont récurrentes à l’école (raconter des histoires, témoigner) principalement au cycle des approfondissements où elles occupent une place centrale pour l’apprentissage de la rédaction (cf. programmes 2008). Domaine privilégié pour analyser l’acquisition de l’écrit, les conduites narratives reposent sur des capacités et des connaissances lexico-syntaxiques, discursives et socio-émotionnelles complexes (François, Hudelot & Sabeau-Jouannet, 1984 ; Losh, Bellugi, Reilly & Anderson, 2000). Elles exigent de respecter le schéma narratif qui structure les différents épisodes du récit (Berman & Slobin, 1994) et assurer la cohésion référentielle par l’introduction et le maintien sans ambiguïté de l’identité des acteurs du récit (Millogo, 2005 ; Millogo & Espéret, 1999 ; Hickmann, Kail & Rolland, 1995). La maîtrise de ces compétences nécessaires à l’apprentissage de la production écrite requiert également la mise en place de capacités de contrôle, par le scripteur, de ses processus de production écrite. En effet, l’écriture, consistant en une activité de résolution de problèmes qui entraîne la réflexion et la prise de décisions permanentes (Hayes & Flower, 1980, 1986), convoque deux composants de la métacognition identifiés par Flavell (1987, 1992) et Brown (1987) : les connaissances métacognitives du scripteur à propos de ses stratégies d’écriture et de la tâche, ainsi que des stratégies de planification et d’évaluation destinés à diriger et à transformer le cours de la production écrite. Des programmes d’entraînement à la production écrite, basés sur l’acquisition de connaissances métacognitives à propos des paramètres de la situation communicative (ex. l’audience et les objectifs de l’écrit), de la structure (Raphael, Engler & Kirschner, 1989), et des stratégies (Graham, Harris & Mason, 2005), ont montré des effets positifs sur les performances des élèves/étudiants en écriture.

Dans ce cadre, l’objectif du projet proposé ici est d’approfondir notre compréhension des compétences narratives des élèves du cycle 2 au cycle 3, ainsi que des connaissances métacognitives et stratégies d’autorégulation entrant en jeu dans leurs productions. Nous souhaitons établir s’il existe des différences quant à ces processus chez des élèves d’âges différents, et si leurs difficultés d’écriture varient en fonction du niveau scolaire. Ce projet prétend ainsi aboutir à la production d’outils permettant de contribuer à un apprentissage facilité de l’écrit, et à un meilleur diagnostic des difficultés dans la maîtrise de l’écrit (analyse systématique des facteurs qui affectent l’efficacité des processus de production écrite et leur développement au cours de l’apprentissage scolaire). Ces outils seront apportés aux étudiants d’IUFM, ainsi qu’aux enseignants stagiaires et experts, pour les aider à évaluer les compétences rédactionnelles des élèves, dans le but de favoriser une approche d’enseignement de l’écriture centrée sur les processus cognitifs et métacognitifs.

Méthodologie :

Le projet s’appuie sur trois approches méthodologiques:
  1. Une approche en temps réel de la production écrite : cette approche implique l’utilisation de dispositifs expérimentaux permettant de pister les processus en jeu au cours du traitement rédactionnel. Le choix d’une telle approche est lié à l’objectif principal du projet. En effet, comprendre l’acquisition et la maîtrise de la production écrite implique d’établir comment les opérations cognitives liées aux processus rédactionnels sont réalisées et améliorées. De façon plus précise, des analyses des pauses et débits de production et de l’effort cognitif des rédacteurs seront réalisées. Ces mesures sont en effet toute considérées comme reflétant le fonctionnement plus ou moins fluide des processus rédactionnels (Alamargot et al., 2007 ; Foulin, 1998 ; Olive, 2002 ; McCutchen, 1988). Ces analyses seront complétées par des analyses off-line du contenu des textes produits.
  2. Une approche quantitative par questionnaire : l’utilisation du questionnaire permettra de mesurer le degré de connaissances métacognitives déclarées par les élèves (Escorcia, 2007)
  3. Une approche qualitative par entretiens : cette méthode visera à analyser de la manière la plus fine possible les processus métacognitifs en jeu.
Nous faisons l’hypothèse qu’il existe un lien entre les connaissances métacognitives et le niveau de compétences narratives en production écrite.

Diffusion et valorisation de la recherche :
  • Publications (bilan annuel, articles, ouvrage, communications, etc.) : la participation à des colloques, publications dans des revues indexées.
  • Actions (apports, travaux en équipe, etc.) : construction d'outils d'évaluation.
  • Formation : formation de formateurs, des stagiaires et d'étudiants M2.


Université de Poitiers - 15, rue de l'Hôtel Dieu - TSA 71117 - 86073 POITIERS Cedex 9 - France - Tél : (33) (0)5 49 45 30 00 - Fax : (33) (0)5 49 45 30 50 - webmaster@univ-poitiers.fr